samedi 18 février 2017

“La nature est un professeur universel et sûr pour celui qui l'observe.” Carlo Goldoni



Quand il m'est possible, vagabonder par les chemins demeure le meilleur des traitements pour combattre l’angoisse du monde qui nous entoure . Vagabonder en compagnie des règles de base que je me suis imposées , celle de ne pas regarder ma montre mais la course du soleil et me fier à l'ombre des arbres pour savoir à vue de nez l'heure qu'il est , ne surtout pas m'encombrer du téléphone et l'on en revient différents . Si, si, je vous assure et vous remarquerez que c'est si simple de retrouver des racines naturelles .

Je parle aux arbres , les touche , les caresse , leur fait de petits dons , une pomme de pin, un petit bouquet de pâquerettes . Cela va sans doute vous paraître bizarre je sais mais je soigne cette folie très douce . Beaudelaire le savait , de vivants paliers de sagesse nous observent , avec amour et peut-être plus de compassion que la plupart de nos congénères humains .
L'amitié des arbres est une façon d'honorer le mystère de la Vie en nous, de façon profondément symbolique certes et d'aligner nos forces avec celles des nombreux êtres de la Terre , sans qui nous ne pourrions vivre .  

Tout est concevable quand nous laissons la nature agir, c’est finalement en son sein que l’homme se sent le mieux , enfin , que moi, je me sens le mieux . Au fil de mes balades,  je découvre et redécouvre des évidences ,des conseils de vie .Je découvre les bosquets, les futaies, les clairières, les sous bois différents de saison en saison. Au printemps,des branches feuillues et denses envahissent mes lieux ; à l’automne , ces mêmes lieux me semblent presque rangés, déblayés, puisque le surplus de la flore jonche à présent le sol. Et j’y ai vu une comparaison avec notre vie et les âges : adolescent avec ses possibles, sa fougue et adulte avec son calme, son expérience.

Ne devrions-nous pas tous nous ménager des « entre-temps » ? 
Cela permet d’affronter la jungle de la vie. 
 Car après ce moment de décontraction, il est plus aisé ensuite d’être tolérant, d’écouter, de comprendre.
C’est juste ma petite recette. Je la préfère à celle d’être « pendu », comme dit l’expression (pendu aux basques, pendu au téléphone, pendu au nez), aux nouvelles, aux rebondissements de l’information, tout cela qui nous encombre, qui nous angoisse, qui nous perturbe et contre quoi nous ne pouvons pas faire grand-chose en général.

Une exception , mais de taille : la bonne nouvelle. Celle qui réjouit le cœur, celle qui nous fait vibrer avec les autres, celle que nous commentons avec un sourire ému. Même si quelques esprits chagrins y voient tout de suite matière à critiquer, dans l’ensemble cette image du bonheur nous la partageons.

Et pour finir avec les arbres, j’adore cette phrase de Jean d’Ormesson dans « C’est une chose étrange… » : « Un peu de la beauté du monde s’est installée dans les arbres. » 

La connivence sacrée de l'invisible est partout dans la vie ! 



vendredi 3 février 2017

L'optimisme c'est aussi de dire qu'il y a de la tristesse dans la vie, du malheur. Dire que tout va bien, que tout va bien se passer, ce n'est pas de l'optimisme, c'est de la bêtise . Cédric Klapi


Claudia Mckinney
Graphic Design, United States


Parce que la vie, ce n'est pas toujours un parcours pieds nus sur un tapis de braises brûlantes
Parce qu'il y a un jour qui se lève et qu'on se dit que ça vaut la peine d'être vécu
Parce que bien qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige ou qu'il glace,
il reste toujours du soleil dans nos coeurs et dans nos corps ...
Parce qu'il y a des moments ou l'on peut laisser tomber nos douleurs passées
comme un arbre se sépare de sa vieille écorce pour repartir de plus belle...
Parce qu'au bout du compte on se construit toujours et de tout
Parce qu'il existe des regards clairs et fragiles dans lesquels on peut lire l'avenir
Parce qu'avoir peur du futur cela veut aussi dire avoir envie de vivre pleinement
Parce qu'il y a des matins encore plus beaux
Parce qu'il y a des soirs et des nuits que l'on n'oubliera jamais
Parce que nous savons sourire, danser, courir
Parce qu'il y a des mains qui se tendent
Parce qu'on se dit qu'il y a un univers des possibles
Parce que je te vois en couleurs
Parce qu'un vide est fait pour être comblé, même et surtout celui qui résiste entre chaque seconde
Parce qu'on a des envies, des plaisirs et des désirs
Parce que les grains de sable sont faits pour être soufflés et les sourires répétés
Parce que ce soir, je voudrais déplacer les montagnes pour qu'il n'y ait plus jamais d'hiver dans nos coeurs
Parce qu'on rêve et qu'on investit dans la tendresse
Parce qu'un sourire est le plus beau des gestes
J'écris ce mot que j'aime tant ...

OPTIMISME ...

jeudi 19 janvier 2017

« Mon âme a son secret, ma vie a son mystère : Un amour éternel en un moment conçu. » Félix Arvers



Bien sûr ! Cela peut servir d’excuse : « C’est mon jardin secret ! » ou d’aveu d’impuissance . Cependant le « jardin secret » est un espace-temps magnifique ! La définition du dictionnaire de « jardin secret » est : domaine secret des sentiments, des pensées les plus intimes.

Serait-ce l’âme ?

Ce refuge existe en nous, c’est une boule de chaleur qui permet de nous évader, de nous rassurer. Il faut cultiver ce jardin comme on le fait de ceux qui nous environnent dans la réalité. Nous devons le retrouver intact et accueillant à chacune de nos visites ; arracher les herbes folles, émonder les arbres, tailler les haies, cueillir les fleurs épanouies.  
Je suis avant tout une  rêveuse dans l’âme . 
Mon petit jardin est composé de lieux que j'affectionne particulièrement, de moments vécus et gravés dans mon  cœur à jamais, de sons, de discussions, de rêves ….

  Je me rappelle que Candide disait « il faut cultiver son jardin », c’est exactement ce que j’essaie de réaliser, mais je rajouterai qu’il faut participer aux jardins des autres, chacun a besoin de l’autre et s’il n’existait pas de liens entre les êtres humains la vie serait bien triste.

J’aime aussi le tiroir ou l’armoire à secret, qui possède un mécanisme dissimulé ou une cache. « Nous avons cherché partout. Nous avons entrepris la maison de chambre en chambre. Nous avons d’abord examiné les meubles de chaque appartement. Nous avons ouvert tous les tiroirs possibles; et je présume que vous n’ignorez pas que, pour un agent de police bien dressé, un tiroir secret est une chose qui n’existe pas. » C’est Baudelaire, rappelons-le, qui a traduit en français cette « Lettre volée » extraite des « Histoires extraordinaires » d’Edgar Allan Poe.

Existent aussi le secret de la confession, les fonds secrets, la police secrète, le secret d’État… Mais celui que je préfère c’est bien le « Jardin secret » . 
S’y promener peut agir sur nous à la manière de ces courtes siestes, que nos médecins trouvent les plus efficaces. On s’extrait durant quelques minutes du tohu-bohu de la vie quotidienne et de ses préoccupations.

Je m'y promène souvent le regard perdu vers l'horizon et , c'est souvent lors de mes  vagabondages sur les sentiers et à l' orée de la nuit que je foule ses allées .

Parfois je me demande si notre « jardin secret » n’est pas un reflet du lieu où nous irons après la mort. J’espère que si l’éternité existe, elle se situera hors du temps et de l’espace et de notre condition humaine, mais c’est inconcevable et indicible pour l’instant…


vendredi 6 janvier 2017

Ne te demande pas ce dont le monde a besoin , demande toi ce qui te rend vivant , et ensuite vas-y et fais-le . Car tout ce dont le monde a besoin, c'est de personnes vivantes . Thurman Whitman.



De prime abord ça parait simple de répondre.
Pourtant, ce n'est pas si évident de trouver ce qui nous rend vivants.
Et qu'est-ce que ça veut dire "vivant" ?...
Forcément qu'on est tous en vie, sinon on tripoterait pas nos claviers de la sorte ! 
Quoique... 
Il y a bien quelques cas de déplacements d'objets non expliqués... ou non explicables...

Si je me pose la question, celle de savoir ce qui me rend vivante, je sais bien que ce ne sont pas les sauts d'humeur de la Bourse, ni l'intérêt que je porte à la vie privée de personnes publiques que je ne connais pas personnellement, ni même le temps qu'il fera demain.
Ce qui me rend vivante, finalement, c'est peu de chose.

C'est d'apprécier plein de petits bouts de vie qui font plaisir.
C'est de laisser aller mes pensées et d'en découvrir les mots qui en sortent.
C'est de savoir que par ma présence je peux parfois apporter plus de couleurs
dans la vie des personnes que je côtoie.
C'est de me sentir libre de dire oui de dire non, et de faire accepter qui je suis.
 
C'est de croire que l'on va vers des demains plus beaux même si tous les indicateurs tendraient à prouver le contraire.
C'est l'expérience sensuelle de la vie, un rayon de soleil qui chauffe sur la peau
et qui fait du bien, une odeur qui émoustille mon imagination, un paysage, une image
ou un visage qui ravit ma vision.

Ce qui me rend vivante, c'est ce que j'ai à donner et à recevoir.
On ne peut mesurer son degré de vitalité que sur sa propre échelle.
Paradoxalement, peut-être que ce qui nous rend vivants, ce sont les choses pour lesquelles
on serait prêt à mourir parce que ce qui ne vaut pas le coup ne peut pas nous faire
sentir vivant , puisqu'on s'en fout.

La seule chose que l'on puisse donner au monde, c'est ce que l'on est
et le regard que l'on pose sur la vie.
Le reste n'est que richesse superficielle qui peut, à tout moment disparaitre.
Le monde a effectivement besoin de personnes qui sentent que la vie qui coule en elles ne sert pas à rien, qu'elles ont une place, une utilité et une légitimité de se trouver là où elles sont au moment où elles se trouvent.
La vie comme un voyage , comme un chemin, comme un passage , comme un concours de circonstances qui ne réunit pas au hasard les compagnons d'errance.

Si le monde d'aujourd'hui ressemble à une vaste mascarade, c'est aussi parce que trop d'entre nous se prennent à jouer des rôles, impunément protégés par le loup d'hypocrisie derrière lequel ils se cachent dans ce grand bal masqué, croyant qu'en voilant leurs vrais personnalités ce pseudo anonymat les rend moins responsables ou coupables.
Mais les comptes qu'on a à rendre au monde, c'est d'abord à soi qu'on les doit.
Le monde a besoin d'un peu plus de vérité , d'un peu moins de lumières artificiellement dirigées vers des choses qui n'en valent pas la peine, et d'un peu plus d'humanité aussi , pas en nombre, mais en qualité .

Ressentons le plaisir d'être vivant , soyons en prise avec ce que l'on est , soyons en contact avec nos talents , à vif dans le réel , debout , réalistes et en interaction avec ceux qui nous entourent .
Exprimons notre singularité et rencontrons celle des autres .
Mettons notre destin à la portée de chacun . 





lundi 19 décembre 2016

“Créer, c’est toujours parler de l’enfance.” Jean Genet

Mariana Kalacheva


Un jour, j'ai lu sur la couverture d'un carnet : " Un adulte créatif, est un enfant qui a survécu" .
J'ai été touchée de l'attention , et avoir l'image de quelqu'un de créatif dans un monde normé ma plaît.
Je suis aussi d'accord avec l'idée .
On grandit avec des règles, un cadre.
C'est normal, mais ne serait-il pas bon de préserver cette part d'enfance qui se moque de la règle ?
De décider que notre souhait peut se réaliser si on ne marche pas sur les traits des pavés ou se dire qu'un morceau de papier peut servir à autre chose qu'y écrire .
Même après 50 ans .
Car pourquoi, alors qu'enfant on s'invente des amis imaginaires ou trouve mille et une utilités à un gobelet en plastique, l'oublie-t-on ensuite ?
En prenant de l'âge et des centimètres , cette part de magie décline alors que c'est à l'âge adulte qu'elle nous faciliterait la vie . 
Sortir du cadre, avoir confiance en l'avenir, être heureux de souffler ses bougies, s'amuser d'un rien pour presque rien, cela nous rendrait plus léger.
L'idéal serait de redevenir petit pour prendre, enfin , de la hauteur .
Regarder le monde avec des yeux d'enfant, c'est s'intéresser aux détails, prendre le temps de s'émerveiller et de penser les choses autrement . Laisser une place au ludique, au futile, au jugé inutile .
On passe du temps à apprendre des choses aux enfants, mais l'échange se fait dans les deux sens .
Le jeu et la curiosité, l'imaginaire et même le temps, élastique quand on ne sait pas lire l'heure , sont décidément à inscrire dans nos vies .
A ma demande de se dépêcher pour ne pas être en retard, ma fille m'a un jour demandé :" Encore cinq minutes, s'il te plaît." J'ai eu beau lui dire que nous ne les avions plus, elle me répondit calmement :" Mais si maman, un tout petit cinq minutes" ...
Je n'ai qu'un souhait aujourd'hui : que le temps n'ait pas d'emprise ni de prise .
Et si je croise les doigts, y pense très fort et prie ma bonne étoile, peut-être que comme pour un enfant, mon voeu s'exaucera .

 ***

Je vous souhaite une lumineuse et douce fin d'année .
Que l'étoile de Noël brille et veille sur vous .
Un bout de mon coeur en cadeau parce que je ne vous oublie pas .
Prenez soin de vous et des vôtres .